Sortie du tome 2
Voilà deux nouvelles, à chacun de choisir si elles sont bonnes ou mauvaises :
- Le tome 2 des terres fertiles est enfin disponible !
- Mais il ne sera pas en librairie...
1. Le point bloquant : la taille
Depuis déjà plusieurs mois, des discussions étaient en cours avec un éditeur. Nous avions d’abord eu un accord de principe. Ce dernier a fait son possible pour trouver une solution avec ses contraintes, sans succès.
Le seul et unique problème sur lequel aucun accord n’a pu être trouvé : la taille du livre.
Ce tome 2 est beaucoup trop gros. Environ 650 pages au format A4, ce qui aurait donné dans le format imposé, plus de 1000 pages.
Il y a une certaine taille au-delà de laquelle il n'est pas acceptable pour l’éditeur de sortir un roman.
Réduire le volume impliquerait de rétrécir les caractères et d’après l’éditeur cela signifie perdre une partie du lectorat qui n'aime pas les petits caractères.
L'éditeur a fait ce qu'il a pu pour me proposer des solutions, mais aucune ne me convenait.
La solution la plus directe aurait été de couper le livre en deux, ce qui revenait à commercialiser deux morceaux d’histoires non terminée, un propos coupé en deux avec un paywall au milieu.
La saga en elle-même est déjà coupée en tomes, mais cette coupure suit une certaine cohérence : Les tomes sont séparés par thématiques. Un tome clos une thématique, et un arc narratif.
Faire passer le lecteur à la caisse deux fois pour une histoire pas finie aurait été une barrière innacceptable, et vraiment dommage par rapport à l’idée d’origine : c'est-à-dire faire circuler des idées, et non une fiction pour le plaisir de la fiction.
2.
Le monde de l’Édition
Les éditeurs, y compris dans le milieu de l’édition musulmane, croulent sous les manuscrits qu'ils n'ont pas le temps de lire, et ce phénomène a empiré depuis l'arrivée de l’IA générative. Par conséquent, chercher un autre éditeur aurait signifié mener une autre bataille pour proposer mon manuscrit, bataille qui aurait pris plusieurs mois.
Et ce, pour arriver potentiellement au même problème : la taille du dossier. Le monde du livre étant déjà en crise, les éditeurs ont fait le choix de proposer aux lecteurs de romans des ouvrages à la typographie aérée, large, et peu volumineux. Les énormes pavés n’ont a priori pas encore leur place dans cet éco-système, en tout cas pas dans la catégorie roman.
Je ne leur en veux pas, ils ont tous leurs contraintes, les temps sont difficiles, ils doivent faire des choix, et ces choix laissent du monde sur le carreau, c’est comme ça.
Autre
solution possible : Les plateformes d’impression à la demande.
Mais en cherchant un peu (pas beaucoup, il est vrai) je me suis
heurté aux mêmes questions de limite de taille.
Comme pour
l’édition classique, la taille du manuscrit faisait beaucoup trop
gonfler le prix du livre, voir empêchait carrément son impression
pour certaines plateformes.
A ce stade, créer ma propre maison d'édition aurait pu être la suite logique, mais m'auto-improviser éditeur aurait impliqué beaucoup de choses : changer totalement de métier, et consacrer mon temps et mon énergie libre à autre chose que l’écriture :la vente de livres.
On ne s'improvise pas éditeur ou libraire, et ce n'est pas quelque chose je me sens capable ni n’ai l’envie de faire (correctement). Surtout lorsque mon livre peut être accessible d'une autre façon, plus simple et moins chère pour tout le monde. Le but de cette saga n’est pas d’être vendue, mais surtout d’être lue par ceux qui veulent la lire.
La sortie en maison d’édition et dans l’éco-système des librairies musulmanes étant le seul réel intérêt de faire éditer le livre, si cette raison saute, toute autre forme d’édition n’a plus vraiment de sens.
3. La solution
Donc dernière option, plutôt que d’attendre qu’un éditeur ait le temps et l’envie pour ce tome 2, et de laisser le manuscrit dormir dans un dossier de ma machine indéfiniment, j'ai fait ce qui en réalité me trottait par la tête depuis un moment : le mettre en accès libre. Au format epub pour les liseuse, et PDF pour les autres.
Et comme le premier tome L’oeil de Goliath est également introuvable, les librairies ayant toutes épuisé leur stock, il sera lui aussi en accès libre.
J'espère que ce renoncement à l'édition traditionnelle ne sera pas perçu comme un signe de faible qualité de l'ouvrage. L’écriture m’a pris quatre ans, et même s’il ne brille pas par la richesse de son langage, les thématiques abordées, les connexions faites, et la construction du scénario ont bénéficié d’un travail intense.
A vous d’en juger la qualité bien sûr, il se peut très bien que le produit final ne vous convienne pas, mais la forme ne doit à mon avis pas être ce qui détermine la valeur d’un travail de ce genre. Je sais que nous vivons à l’ère du marketing, et que tout ce qui n’est pas bien packagé suscite facilement le dédain, mais...
Je compte sur les lecteurs pour pointer un mauvais travail même s’il était sorti en librairie, tout comme je compte sur le lecteur pour apprécier un bon travail, et ce même s'il n'a pas l'honneur d'être imprimé sur papier et d'être mis aux côtés d'autres livres sur étagère.
Sur ce, bonne lecture !
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