Pourquoi ce blog est-il moche ?


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C'est sans doute la première chose qui vous a frappé en arrivant ici. L’austérité de ce blog peut repousser le lecteur habitué aux interfaces soignées.

Pour ceux qui sont pressés, voici un aperçu des raisons :


Ça coûte moins cher à maintenir et à héberger.

C'est plus robuste donc quasi aucun risque de bug à court ou long terme.

Ça élimine aussi la quasi-totalité des risques en cybersécurité, et surtout :

Ça permet de se concentrer sur ce qu'on lit (ou écrit) sans distraction.


Pour ceux qui veulent plus de détails, commençons par le premier point : le coût.


1. Le coût

Créer un site web, payer un hébergeur, mettre à jour une multitude de composants (PHP, base de données, plugins Wordpress, graphisme...) ça coûte, et pas que de l’argent. Ça coûte aussi du temps.

Quand on lance un projet, on prend souvent ce qu’il y a de plus commode comme hébergement. On fait développer son site web par un professionnel, ou bien on le fait générer par une IA aujourd’hui (Gemini, GPT, Claude…) et puis on est content du résultat après au moins quelques heures de travail. Ça c’est pour le début seulement.

Parce qu’avec le temps, un site web ne reste pas figé et fonctionnel comme par magie. Un site web, même s’il est immatériel, est aussi vulnérable au temps que n’importe quelle construction humaine. S’il n’y a pas de maintenance régulière, rigoureuse, soigneuse, en temps et en argent, il va inévitablement cesser de fonctionner pour une raison ou pour une autre, et vous allez récolter une belle erreur 50X un beau matin.


Obsolescence des composants en perpétuel changement, que ce soit pour des raisons de compatibilité ou de sécurité. Et arrivent donc avec le temps un lot croissant de problèmes comme des éléments qui s’affichent soudainement mal, des fonctionnalités cassées, ou tout simplement un pirate qui va mettre par terre votre site pour le plaisir ou par intérêt.

Ceci n’est pas une opinion à l’emporte-pièce. Vu mon travail, je suis constamment confronté à ces défauts d’anticipation, et cette mécompréhension de ce qu’est un outil immatériel, quel qu’il soit. Beaucoup, y compris des professionnels, pensent qu’il suffit de créer une fois le produit pour qu’il soit éternellement fonctionnel, par la magie de l’immatérialité d’internet et des outils numériques.

Rien n’est moins vrai.

Est-ce que ça signifie qu’il faut arrêter de créer des sites web complexes, agréables, ergonomiques? Absolument pas. Mais la première question à se poser est celle du besoin. A quoi va servir mon site web ? Le mien a pour objectif de poster du texte. Et comme je n’ai pas beaucoup de consacrer trop de temps ni d’argent à la maintenance de composants tiers, un bon vieux fichier HTML rédigé avec libreoffice est amplement suffisant. Il me suffit après avoir écrit un article de l’exporter et le copier-coller sur mon hébergement. Le temps est une ressource limitée pour chaque être humain. Dans le cadre de ce blog, je préfère passer du temps à écrire qu’à maintenir un site web. Et mettre un budget et un temps pour développer une plateforme qui ne servira de toute façon qu’à héberger du texte relève du gaspillage .


En revanche, ces arguments ne sont plus valables lorsque qu’un site web, une plateforme en ligne ou un quelconque autre logiciel qui a pour but une interaction complexe avec l’utilisateur.
Que ce soit pour faire du e-commerce, traiter des données en temps réel, créer une vitrine dans un cadre pro, etc.
Mais bien souvent même dans ces cas, une mauvais évaluation du besoin et des moyens conduisent à des choix inappropriés, surdimensionnés, ou mal équilibrés.



2. La robustesse et la sécurité

Ouvrir une page web ou une application produit un résultat instantané. Cette instantanéité porte un mensonge : celui de la simplicité. Mensonge car une écrasante majorité de sites web actuellement en ligne n’a rien de simple, même si on écarte toute la couche matérielle, système, réseau, qui lui permet de fonctionner pour se concentrer sur la partie immatérielle seulement.

Car sans même parler de la complexité technique des serveurs, équipement réseaux, pc, tablettes et smartphones qui acheminent l’information jusqu’à nos yeux ou nos oreilles, un site web n’est plus depuis longtemps une simple page avec du texte qu’il suffirait d’écrire, des images qu’il suffirait de produire, ou des sons qu’il suffirait d’enregistrer.
L’empilement de couches nécessaires au fonctionnement de sites même très basiques est un casse-tête bien plus proche du château de carte que d’une simple brique monolithique.
Pour le besoin le plus commun, il faut déjà payer un nom de domaine et un hébergement web, ça c’est inévitable. Ensuite si vous utilisez ce qu’il y a de plus répandu, c’est à dire Wordpress, vous avez en gros trois briques : La base de données, le code PHP qui s’exécute côté serveur, et le JavaScript qui s’exécute sur votre machine. Et qui dit PHP/JavaScript sur Wordpress dit une flopée de plugins dont la probabilité de bug augmente avec le temps.
Je m’arrête là pour les détails techniques, pas de panique ! Mais l’idée à retenir, est que ces composants évoluent en permanence. Si vous n’avez pas un développeur ou vous-même du temps pour les mettre à jour, les faire débugger, les remplacer, ou même souvent les payer, il faudra que quelqu’un d’autre le fasse à votre place. Ces composants sont en permanence source de failles de sécurité, et par expérience, je sais qu’il est presque systématique de voir au bout d’un an ou deux, un site laissé sur le côté planter pour une raison quelconque.

On pourrait rétorquer que X ou Y hébergeur ou outil propose bien mieux ! Une solution tout en un ! Alors premièrement, c’est de la sous-traitance donc ça revient en réalité à déplacer tous ces problèmes chez quelqu’un d’autre, et on en retombe sur la question du coût. Et ce quelqu’un d’autre, qu’il soit Gemini, Claude, GPT, Odoo, Squarespace, etc rajoute une couche de dépendance qui vous rend prisonnier du produit qu’il vous propose.
S’il augmente ses tarifs du jour au lendemain ? Il faudra accepter les nouveaux frais ou tout refaire de zéro ailleurs. S’il se fait pirater pour une raison ou une autre ? Vous en subissez les conséquences. Avec le format que j’ai choisi, je n’ai qu’une poignée de fichiers HTML à copier-coller ailleurs, sans écrire une ligne de code, pour changer d’hébergeur.


Encore une fois, il ne s’agit pas de dire que toutes les autres options
n’ont aucun intérêt. Mais pour l’objectif de ce site, qui est simplement de vous présenter un texte, ce sont des risques et des investissements inutiles.
Le format choisi, à savoir de simples fichiers HTML, élimine d’emblée l’écrasante majorité des sources de problèmes. Ça ne veut pas dire que le risque est nul, ça veut simplement dire que j’aurai bien attaché ma chamelle.
Aucune base de données, aucun code PHP, pas de JavaScript. Ce qui veut aussi dire que ce site web ne collecte
aucune donnée sur vous (excepté le minimum technique nécessaire pour que la page s’affiche sur votre appareil). Il n’y a aucun cookie. Ce site web peut donc rester sans aucune maintenance de ma part pendant des années sans problème, et vous pouvez même le lire depuis un terminal, sans navigateur web, pour les plus bizarre d’entre vous nous.

Passons maintenant à la troisième raison.



3. Soulager votre attention (et la mienne)

Même un simple blog aujourd’hui vous demandera souvent ce fameux bandeau des cookies. En plus de ça, une colonne à droite ou à gauche, un petit menu déroulant, une barre de recherche, vous proposeront d’accéder à plein d’autres contenus du site. Ce n’est pas méchant, ce n’est pas malveillant, mais c’est à mon sens inconfortable, inesthétique.

J’aime lorsque je vais chercher une information, ou écouter le déroulement d’un récit ou d’un raisonnement, qu’on essaie pas de me vendre quelque chose, ou de me distraire avec le moindre petit truc, fût-il minime. Cet esprit du partage simple d’idées, que beaucoup de blogs sur internet portent encore, j’ai envie de le pousser au maximum. Quand vous ouvrez la page d’un article ici, vous n’aurez rien d’autre que cet article. Vraiment rien.

Beaucoup d’auteurs ont malheureusement pris l’habitude de poster tous leurs contenus sur les réseaux sociaux, et c’est vraiment dommage car c’est pour moi un véritable calvaire d’utiliser ces plateformes pensées pour aspirer votre cerveau. C’est d’autant plus triste que les réflexions ou informations partagées par ces auteurs mériteraient bien plus que les miennes, un espace dédié pour être consultées sans distractions.
Je ne compte pas vivre des revenus de ce blog, rien n’est à vendre ici, et par conséquent, peu d’argent et de temps à mettre dans sa sophistication technique ou esthétique. La seule chose pour laquelle ce blog existe c’est vous parler, vous transmettre des idées, des réflexions. J’espère que vous pourrez apprécier comme moi la beauté de cette austérité !



4. Une démarche globale

La démarche de ce blog est aussi de monter qu’il existe d’autres façon d’échanger des idées, partager des trouvailles, diffuser des informations, en utilisant internet. Il n’est pas nécessaire d’être au top de la tendance et d’étaler tout ce qu’on a à dire sur la place publique la plus bruyante pour dire des choses. Ceux qui cherchent trouveront, et le bouche à oreille est encore aujourd’hui un outil redoutablement efficace, et bien plus juste que les flux algorithmiques qui choisissent quoi vous montrer, et quand.

Les plateformes appartenant à Meta comme Instagarm, Facebook, X, ou encore Tiktok et Youtube peuvent avoir leur intérêt (très limité pour certaines) mais leur nature de service de contenu algorithmique en font des places publiques semblables à un marché géant. Même si de véritables pépites prêchent parfois sur ces grandes places, la place public n’est pas le lieu pour toutes les discussions et toutes les réflexions.

Il est des cercles d’échanges et des circuits d’informations qui demandent plus d’intimité, une autre temporalité. La croissance des plateformes privées payantes est un des symptômes de l’existence de ce besoin, mais pas le seul. Une erreur inconsciente mais répandue consiste à ne considérer ces plateformes que comme de simples transmetteurs, de croire que ni leur conception ni leurs objectifs ne peuvent empêcher la bonne circulation de l’information.

Maîtriser les outils numériques, c’est aussi connaître leur diversité, du plus simple au plus complexe, du plus centralisé au plus indépendant, et choisir après réflexion celui qui correspond à tel ou tel usage, sans suivre le marketing, la tendance, et sans rester des utilisateurs passif.

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